Article publié le 14/10/2024
Un réseau mondial au service des acteurs de la mobilité professionnelle de demain ?
Dans un contexte de mondialisation croissante et d’évolution rapide des technologies, les métiers de la mobilité professionnelle et de la relocation sont confrontés à de nouveaux défis. L’un des enjeux majeurs pour ces secteurs est de se structurer et de collaborer à l’échelle internationale afin de répondre aux attentes croissantes des entreprises et des expatriés.
Dans un récent podcast, Emmanuel Sampy, membre de la Fédération Nationale des Professionnels de la Relocation (FNPR), nous éclaire sur l’importance cruciale de cette collaboration mondiale entre syndicats. Entre la gestion des données, la fusion des syndicats et la mise en place d’initiatives internationales, Emmanuel Sampy explique pourquoi l’union est devenue indispensable pour renforcer la position de la profession sur la scène internationale.
Pourquoi est-il crucial pour les syndicats aujourd’hui de se regrouper et de collaborer au niveau mondial ?
Tout simplement parce que le nouvel Or dans l’économie mondiale, c’est la data. On le voit avec l’intelligence artificielle, toutes les entreprises du CAC 40 ou des plateformes américaines qui sont valorisées à des milliards sont des entreprises qui ne produisent plus rien du tout. Les Amazon, les Uber… Ce sont des entreprises qui sont juste des intermédiaires. Que font-elles ? Elles font transiter de la donnée. Elles savent gérer des montagnes de données et c’est ce qu’on est en train de voir avec l’intelligence artificielle. On n’est plus dans une phase industrielle, on est dans une phase où la valeur réside dans l’information, la donnée.
Or, nous, dans notre métier, on collecte énormément de données. Quand on accompagne une famille en expatriation, on doit connaître des informations très personnelles, comme s’ils ont un chien, combien d’enfants ils ont, leurs codes bancaires… Cela implique une grande responsabilité, contrôlée par la RGPD.
Mais derrière tout ça, nous avons du mal à avoir des informations fiables sur notre propre activité. Ce n’est pas juste un problème français, c’est mondial. Même aux États-Unis, nos collègues rencontrent les mêmes difficultés. C’est pour cela que nous devons nous regrouper, partager nos données et ainsi mieux comprendre notre secteur.
Est-ce qu’il existe déjà une entité ou une structure qui regroupe tous les syndicats, ou est-ce quelque chose qui commence à se créer ?
Alors, il existe déjà des structures. Il y a très peu de syndicats dans le monde, peut-être une dizaine au maximum, en Europe, aux États-Unis et au Canada. À la naissance de la Relocation en Europe, dans les années 90, quatre syndicats se sont créés immédiatement : en France, en Angleterre, en Belgique et en Suisse. Ils ont tout de suite commencé à échanger et ont créé une superstructure au-dessus d’eux pour regrouper leurs efforts à l’échelle européenne : c’est l’Eura, l’Association européenne des Relocations. L’Eura est une organisation anglophone, avec une approche plus business que nous, syndicats nationaux. À la base, c’était un peu notre enfant, mais aujourd’hui, il a pris de l’ampleur, devenant une organisation internationale. On se retrouve donc aujourd’hui avec ce constat : il faut resserrer nos liens, non seulement entre syndicats nationaux, mais aussi avec l’Eura, pour réellement développer nos relations et renforcer notre secteur.
Outre la récupération et l’utilisation des données, est-ce que cette structure internationale aura d’autres vocations, d’autres missions ?
Une autre mission évidente serait la formation. Même s’il y a des différences législatives entre les pays, il existe des constantes dans notre métier, notamment dans l’accompagnement des familles en mobilité. Ces constantes incluent des aspects logistiques, mais aussi psychologiques, comme le management culturel, la communication interculturelle, etc. Ce sont des compétences que nous pourrions imaginer mutualiser à un niveau international.
La formation pourrait ainsi devenir un axe fort de cette structure mondiale, en offrant des programmes communs qui respectent les particularités locales, mais apportent une cohérence et une uniformité dans l’accompagnement des expatriés.
C’est un grand chantier où tout reste à faire, mais qui pourrait avoir un impact significatif sur la profession.
Pour écouter le podcast dans son intégralité :